Mardi 17 juin 2008
"Le fanatisme est toujours un signe de doute réprimé."
Iblis Ginjo, Le paysage de l'humanité
~ Brian Herbert & Kevin J.Anderson, La guerre des machines ~
Iblis Ginjo, Le paysage de l'humanité
~ Brian Herbert & Kevin J.Anderson, La guerre des machines ~
† Tomás de ToЯquemada (1420 à Torquemada ou Valladolid, Espagne - 16 septembre 1498 à Ávila, Espagne), était un moine dominicain, confesseur de la reine Isabelle de Castille et du roi Ferdinand II d'Aragon, et premier Grand Inquisiteur de l'Inquisition espagnole de 1483 à sa mort. Il est passé à la postérité comme l'un des symboles de l'intolérance et du fanatisme religieux. †
† Il est très tôt nommé "prieur" (premier administrateur) du monastère de Santa Cruz à Segovia.Renommé pour son austérité, sa dévotion et son érudition, il devint confesseur de la princesse Isabelle, héritière de la Castille, alors qu'elle n'était encore qu'une enfant. Il entreprit de lui inculquer le devoir qu'elle aurait, en tant que futur souveraine, de défendre l'unité religieuse du Royaume, et le bénéfice politique qu'elle pourrait en retirer.
A partir d'un simple tribunal à Séville en 1481, un réseau de tribunaux inquisitoriaux ("Saint-Offices") fut développé à travers le pays, certains permanents, d'autres itinérants, permettant de mailler le territoire - notamment à Cordoue, Tolède, Valladolid, Ávila, Jaén pour la Castille et Saragosse, Valence, Barcelone, et Majorque pour le royaume d'Aragon. Après ToЯquemada, d'autres tribunaux seront encore créés, notamment dans les nouvelles possessions américaines de l'Espagne.
Par ailleurs, la confiscation des biens des "hérétiques" (ou déclarés tels) au profit exclusif de l'Inquisition procura à celle-ci une très grande richesse - et donc un pouvoir et des moyens d'action encore plus étendus. Ce fut d'ailleurs une source de tensions avec les souverains Isabelle et Ferdinand, pourtant mandataires de ToЯquemada, qui avaient espéré qu'une partie de cet argent viendrait alimenter le trésor public. Il fallut l'intervention du pape Alexandre VI pour que l'Inquisition espagnole consente à se déposséder d'une partie de son butin. †
† En 1483, le "Conseil de l'Inquisition Suprême et Générale" (abrégé la Suprema) fut institué. Pour le présider, la fonction de Grand Inquisiteur (Inquisidor General) fut créée, à laquelle ToЯquemada fut nommé la même année, par une bulle papale. Bien que sous l'autorité théorique des monarques espagnols, le Grand Inquisiteur, en tant que représentant du Pape, avait la haute main sur l'ensemble des tribunaux inquisitoriaux et pouvait déléguer ses pouvoirs à des inquisiteurs de son choix, qui étaient responsables devant lui. Il est intéressant de noter que la fonction de Grand Inquisiteur était la seule fonction publique dont l'autorité s'étendait à tous les royaumes composant l'Espagne, constituant ainsi un relais utile pour le pouvoir des souverains.
Le pouvoir de l'Inquisition sur la vie des Espagnols était immense. Chaque âme chrétienne âgée de plus de douze ans (pour les filles) ou de quatorze ans (pour les garçons) était pleinement responsable devant elle. Les hérétiques (ou déclarés tels) et les conversos (juifs et musulmans convertis) étaient les premières cibles, mais toute personne critique de l'Inquisition était considérée comme suspecte.
L'Inquisition, sous la houlette de ToЯquemada, se caractérisa par son caractère impitoyable et sa brutalité. Les dénonciations anonymes, le recours à la torture pour extorquer des aveux étaient des pratiques courantes. Les "formes" étaient cependant respectées - même si aujourd'hui ces subtilités peuvent nous apparaître hypocrites ou simplement absurdes : l'Eglise n'ayant pas le droit de verser le sang, des tortures "adaptées" étaient employées lors de la Question destinée à extorquer des aveux aux suspects (par exemple le supplice de l'eau, ou le broyage des membres) ; de la même manière, l'Eglise n'avait pas formellement le droit de donner la mort, et les personnes condamnées pour les crimes d'hérésie jugés les plus graves (notamment les relaps) étaient remises au "bras séculier" (l'autorité civile) pour être exécutées par le feu ou par d'autres méthodes (pendaison...).
Avec l'aide de légistes, ToЯquemada rédigea un « code de l'inquisiteur » de vingt-huit articles, qu'il promulgua le 29 novembre 1484 à l'occasion de l'assemblée générale des inquisiteurs à Séville. Il travaillera jusqu'à sa mort à affiner ce code en fonction de l'expérience acquise.
A la fin de sa vie, il se retira au couvent Saint-Thomas d'Ávila, qu'il avait fait construire, reprenant la simple vie de frère, tout en continuant d'occuper la fonction de Grand Inquisiteur et de réfléchir aux meilleures règles pour conduire et encadrer l'Inquisition. Il reçut à plusieurs repris la visite des souverains (et se rendit à Salamanque en octobre 1497 pour être aux côtés prince Don Juan mourant et réconforter le roi et la reine). En 1498, il présida à sa dernière assemblée générale des inquisiteurs. †
† Les scientifiques estiment aujourd'hui le nombre de personnes envoyées au bûcher comme étant probablement proche de 2000 personnes, une grande majorité étant des conversos d'origine juive. †
(par wikipedia)
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