enfants du monde

Jeudi 17 juillet 2008

bang, bang, bang
(4min)

"Toi qui connais les souffrances que nous endurons ici, ne nous oublie pas dans tes prières."
Inscription à l'entrée de l'aire d'atterissage d'Arrakeen
(Archives historiques de Dar-es-Balat)
~ Frank Herbert, Les Hérétiques de Dune ~

“Les enfants-esclaves de l'agriculture américaine.

Aux États-Unis, dans l'agriculture, des centaines de milliers d'enfants sont exploités de la façon la plus brutale. La plupart de ces enfants-esclaves, dont bon nombre n'ont que douze ans, sont issus de familles latino-américaines. Ils se lèvent souvent à trois heures du matin et travaillent jusqu'à quatorze heures par jour. Ils sont exposés sans protection à des pesticides toxiques qui leur infligent des démangeaisons, des maux de tête, des vertiges et des vomissements. Ils n'ont, chaque jour, deux pauses d'un quart d'heure et un déjeuner de trente minutes. Considérés comme des bêtes de somme, les filles comme les garçons n'ont pas accès à des toilettes durant les heures de travail, ni à de l'eau pour se laver les mains ou pour boire.
Selon un rapport de Human Rights Watch (publié en juin 2000), qui qualifie le travail effectué par les enfants de "dangereux et exténuant", les accidents de travail sont fréquents, et notamment les blessures sur des outils. Alors que le salaire horaire minimum en vigueur est de $5.15, ces enfants sont parfois payés un ou deux dollars de l'heure. Ils ne bénéficient d'aucune couverture sociale, et très souvent ne sont pas scolarisés, étant donnée l'impossibilité de concilier vie scolaire et travail dans les champs.
Le rapport de l'organisation de défense des droits de l'homme précise que "le travail à la ferme est le travail le plus dangereux ouvert aux enfants de ce pays. Les lois américaines doivent être changées pour protéger la santé, la sécurité et l'éducation de ces enfants". Aux États-Unis, pour travailler chez McDonald, il faut avoir au moins 14 ans. Mais la législation américaine sur le travail des enfants dans l'agriculture, dont les lois cadres en vigueur remontent à 1938, exempte purement et simplement le travail agricole d'un quelconque âge minimum. Quant au temps de travail, aucune limite n'est fixée pour la journée ou la semaine.
Dans les années 30, un quart de la population américaine travaillait encore dans l'agriculture, et l'exemption des enfants de ce milieu de la législation sur le travail des mineurs prétendait tenir compte du caractère "familial" du travail à la ferme. Aujourd'hui, la situation a complètement changé. La vaste majorité des enfants employés le sont par des entreprises importantes de l'industrie agroalimentaire américaine. On peut en toute légalité faire travailler un enfant de 12 ans à la ferme jusqu'à ce qu'il tombe d'épuisement.
Cette exploitation constitue dans les faits une forme de discrimination raciale, puisque, comme l'explique le rapport, "sur tout le territoire, on estime que 85% des saisonniers et ouvriers agricoles appartiennent à des minorités raciales". En Arizona par exemple, 99% des travailleurs dans les champs sont d'origine "latino". Le rapport évoque le cas d'un certain Benjamin C., âgé de 15 ans, qui s'était profondément coupé le doigt. Aucun dispositif médical n'étant prévu sur place, l'enfant a été dû être expédié de l'autre côté de la frontière, au Mexique, pour recevoir des soins. Les jeunes filles qui travaillent dans les champs sont régulièrement victimes d'abus sexuels et de viols. Bon nombre d'entre elles ne parlent pas anglais, ne savent pas que de telles pratiques sont illégales, ou bien ne portent pas plainte par peur de perdre leur emploi ou de subir des représailles.
[...] Or, le rapport de Human Rights Watch indique que de nombreux enfants ont travaillé dans des champs immédiatement juste après que ceux-ci ont été traités avec des substances nocives, et même qu'ils y travaillaient pendant que des avions passant au-dessus de leurs têtes répandaient des insecticides et d'autres produits de traitement. "Un garçon de 16 ans nous a dit qu'il préparait et répandait des insecticides plusieurs fois par semaine, mais qu'il ne portait aucune protection puisque son employeur lui avait dit qu'il n'y avait rien à craindre ", peut-on lire dans le rapport.
Cette forme moderne d'esclavage infantile est pratiquée au New Jersey, en Floride, en Arizona, pour la récolte des fraises de Louisiane et dans l'agriculture américaine en général. Les enfants ne coûtent pas chers, et sont largement sans défense face à l'acharnement des contre-maîtres. Comble de l'hypocrisie, les États-Unis ont été à la pointe de la lutte pour la ratification du traité contre l'exploitation infantile, en 1999. Les États-Unis ont beau être l'un des pays qui violent de la façon la plus flagrante ce traité, le Congrès américain a officiellement décidé de refuser toute aide à des pays qui refuseraient de le signer... »

par Greg Oxley

| les enƒants du siècle | localisation : USA
Par jérémiah
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Dimanche 29 juin 2008
| les enƒants du siècle | localisation : bodnath, kathmandou, népāl

"Disabled and Orphan Chidren Protection Center"

Cet etablissement a ete cree par Til Bahadur Karki il y a un peu plus d'un an.. Etant lui-meme handicapé, Til connait tres bien toutes les difficultes liees au handicap et a l'insertion des jeunes handicapes dans la societe nepalaise.. La plupart des enfants nes handicapes sont abandonnes (car ils deviennent une "charge" non desiree par les familles!) et donc livres a eux-meme.. La rue devient alors leur nouvelle demeure.. Ces enfants sont ensuite voues a la mendicite et parfois meme a la prostitution, ils sont tres souvent une cible facile pour d'autres enfants (des rues) et subissent de nombreuses maltraitances et humiliations..
Til a ete lui-meme mendiant durant plus de 15 ans.. Il a cree cet etablissement sans aucune aide exterieure, economisant chaque roupie donne par les touristes ou les habitants locaux.. Aujourd'hui, l'orphelinat accueille plus d'une 20aine d'enfants dont une grande majorite est scolarisee.. 6 adultes s'occupent des enfants en plein temps (de facon benevole).. La maison ou vivent actuellement les enfants ne possede pas de jardin et les enfants dorment souvent a trois voire quatre par lit! Til et ses "associes" cherchent donc maintenant une autre maison, plus grande et donc plus confortable pour les enfants.. Nous allons bien evidemment les accompagner dans cette nouvelle demarche et nous vous tiendrons informes des avancees de ce projet..


Ecole de Bodnath

Les resultats de cette premiere collecte (de materiel scolaire) sont plutot bons.. Ludo, Jean Yves et Priscilla (avec la precieuse aide de tous leurs amis et de toutes leurs connaissances) ont fait un travail formidable dans les ecoles francaises.. Nous avons pu recuperer plusieurs centaines de cahiers, de stylos, de crayons de couleur, de gommes, de sets de peinture, etc, etc.. Et ce, grace a vous tous!
J'attendais avec impatience les resultats de ce premier "test".. Et, comme ils sont bons, nous allons pouvoir aider un autre etablissement! Il s'agit d'une ecole destinee aux enfants de travailleurs (employes dans des fabriques de tapis tibetains).. C'est une ecole qui, la encore, ne recoit aucune aide exterieure, ni de la part du gouvernement nepalais, ni de la part d'une quelconque organisation occidentale (seuls quelques patrons de fabriques de tapis apportent parfois une aide financiere a cette ecole).. Nous sommes donc les premiers "occidentaux" a entrer en contact avec cet etablissement!


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Par jérémiah
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Vendredi 18 avril 2008

"Sderot et Gaza : deux adolescents témoignent.
Quelques kilomètres à peine séparent la ville israélienne du territoire palestinien. Deux mondes différents qui vivent dans la même peur, comme le prouvent les témoignages receuillis par le quotidien israélien Maariv.

Vu de Gaza – Mais où trouver du pain et de l'eau ?


La vie est dure à Gaza. Il n'y a plus d'essence, le prix de la farine est aussi élevé que celui de l'héroïne. Et le lait, les médicaments, l'eau, même l'air sont hors de prix. C'est quelque chose qu'un ami avait annoncé et, pour dire la vérité, je n'avais pas voulu le croire. Quelques mois plus tôt, un autre proche de ma famille disait que tous les terminaux et les points de passage vers le monde extérieur allaient bientôt se refermer sur nous, et je n'avais pas non plus le croire. Un troisième ami avait dit que tout ce que l'on pourrait acheter pour les fêtes, ce seraient des bougies et des arbres pour se chauffer, si on en trouvait encore. Et ça non plus, je ne voulais pas le croire. Maintenant, en sommes-nous arrivés là ?
Aujourd'hui, je ne sors plus de chez moi parce que je n'aime pas jouer avec ma vie. Tout ce que ces trois personnes avaient prédit est devenu réalité. Un voisin vient de vendre son lit pour pouvoir acheter de quoi manger pour lui et ses enfants. Une fille que je connais ne va plus à l'école. Elle dort la journée parce qu'elle a peur de la nuit noire.
[...]
À Gaza, les prix des aliments sont devenus impossibles. La miche de pain ne cesse d'augmenter, mais son poids diminue d'autant. C'est aussi le cas du bidon d'essence ou de la bonbonne de gaz. Dieu m'est témoin, on trouve de moins en moins de quoi se nourrir et la seule chose qu'on trouve encore en abondance, ce sont des gens au bord de la crise de nerfs. Ma grand-mère risque de mourir à tout moment parce que les rayons de pharmacie sont vides. Quant à la solidarité et à l'entraide, elles sont en train de disparaître. Les enfants de Gaza ne se plaignent pas spécialement qu'il n'y ait plus de chocolat ni de Coca-Cola. Ils se contenteraient largement de pain et d'eau. Mais où trouver du pain et de l'eau ?
[...] C'est ça, Gaza. Nous ne sommes plus qu'une goutte d'eau dans la mer. Jusqu'à quand va-t-on mener cette vie ?

Chadi Abdelaziz, 15 ans."

Par le Maariv, quotidien de Tel-Aviv, extrait traduit par Courrier International pour son numéro 909 (3-9 avril 2008)

Par jérémiah
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Jeudi 17 avril 2008

en héritage
(6min)

« Sderot et Gaza : deux adolescents témoignent.
Quelques kilomètres à peine séparent la ville israélienne du territoire palestinien. Deux mondes différents qui vivent dans la même peur, comme le prouvent les témoignages receuillis par le quotidien israélien Maariv.


Vu de Sderot - Je ne souhaite à personne de vivre ici

Quand je sors dans la rue, la seule chose à laquelle je pense, c'est où je pourrais bien me cacher lorsque les sirènes d'alarme retentiront. Je suis incapable de penser à autre chose. Chaque jour, la ville est frappée de plein fouet par des salves de Qassam [roquettes palestiniennes lancées depuis Gaza]. Et qu'on en reçoive trente ou une seule ne change rien à l'affaire. [...]
Je me rappelle, quand j''étais petit, avant que les Qassam ne se mettent à pleuvoir, les rues étaient bondées, surtout le week-end. Aujourd'hui, Sderot est une ville fantôme. Le week-end, les rues sont vide. Depuis le début des tirs de roquettes, beaucoup de gens ont quitté la ville [on estime que 2500 des 20 000 habitants ont fui Sderot ces douze derniers mois]. C'est sans doute ce que les Palestiniens espèrent obtenir : que toute la ville se vide de ses habitants. [...]
Malgré tout, petit à petit, les Qassam deviennent de la routine. Pendant ce temps, notre Premier Ministre ne fait rien qui puisse nous aider. Parfois, j'ai l'impression que Sderot, ne fait tout simplement pas partie d'Israël ou qu'on nous a peut-être oubliés. Le gouvernement se contrefiche de ce qui nous arrive. Les ministres parlent beaucoup mais ne font rien. C'est bien beau de les voir venir ici pour nous encourager et soutenir les enfants de Sderot, mais je me demande franchement à quoi ça sert.
Pourtant, si on me propose demain de quitter Sderot, je n'accepterai pas. C'est ici que je suis né et que j'ai grandi. [...]
J'aime ma ville et, malgré les Qassam, je m'efforce de continuer à jouer au basket-ball, au football et au tennis. Je sors même avec des copains. [...] Bon, c'est sûr que nous préférerions vivre comme tous les autres enfants, mais la vie est ainsi faite. Maintenant, je voudrais dire quelque chose à ceux qui veulent nous aider financièrement. Ne le faîtes surtout pas. L'argent n'arrive pas aux habitants. »

Alex Stiris, 16 ans."

Par le Maariv, quotidien de Tel-Aviv, extrait traduit par Courrier International pour son numéro 909 (3-9 avril 2008)

Par jérémiah
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