histoire

Vendredi 11 juillet 2008
| cђroniques du millénaire |

une idée ?
(4min)

"Les historiens exercent un grand pouvoir et certains d'entre eux le savent bien. Ils recréent le passé en le modelant selon leur propre interprétation. Ce faisant, ils modifient aussi l'avenir."
La Voix de Leto II A Dar-es-Balat.
~ Frank Herbert, Les Hérétiques de Dune ~

On lit souvent ici et là, à propos du Che, le récit plus ou moins atténué de ses exactions meurtrières. Exactions, qui, je le rappelle, étaient commises au nom de son utopie, au nom de sa "Révolution" qui exigeait qu'il tue.
Je suis d'accord, on possède aujourd'hui une bien fausse image du Che, trop idéale et innocente au regard de ses actions passées. Mais disons qu'elle est peut-être pas si éloignée de la réalité...
Si vous vous renseignez bien, vous ne verrez jamais le récit de tortures commises par le Che. Seulement l'exécution sommaire, rapidement expédiée. Le ressenti global que l'on pourrait avoir face à tous ces actes est une volonté froide, résolue, de faire parvenir la révolution à son terme, en éliminant, pour plus d'efficacité, tout élément susceptible de la ralentir.
Il était également, je pense, et c'est encore un ressenti, un pur produit de son époque. Accumulant colère sur colère et rébellion sur rébellion face aux injustices du monde, il a appliqué la seule méthode qui lui avait toujours fait du mal : les armes.
Peut-être trouverez vous mon opinion trop naïve, mais parfois, il faut rester simple...

par J.J.

µrochąiŋ ąrrêT: prophétie de daniel

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Par jérémiah
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Jeudi 22 mai 2008
"Controverse de Valladolid : La controverse de Valladolid est le premier « procès des droits de l'homme ».
Christophe Colomb a découvert l'Amérique depuis 1492 et l'Espagne utilise les Indiens comme esclaves dans les mines. Cependant l'Église ne sait pas quoi penser de ces individus « humanoïdes » dont quelques spécimens sont importés en Europe pour être présentés comme animaux de foire. Sont-ils des descendants d'Adam et Ève ? Ont-ils une âme ? Doit-on les convertir ? Pour trancher ce problème l'empereur Charles Quint réunit en 1550 au collège Saint-Grégoire de Valladolid des « spécialistes » qui vont discuter pour définir ce qui est et ce qui n'est pas un homme.
Comme avocat de la cause indienne : le dominicain Bartolomé de Las Casas. Son père accompagnait Christophe Colomb. Las Casas a fondé une colonie chrétienne agricole visant à faire travailler ensemble Espagnols et Indiens dans les îles Caraïbes.
Comme procureur : Jinez de Sepulveda, prêtre, théologien et confesseur personnel de Charles Quint, grand helléniste, traducteur d'Aristote et adversaire affiché de Luther. Enfin 15 juges, 4 religieux et 11 juristes pour trancher lequel des deux a raison.
Ce débat a une importance économique déterminante car jusque-là les Indiens, considérés comme non humains, formaient une main-d'oeuvre gratuite et illimitée, les conquistadors ne les convertissaient pas et se contentaient de prendre leurs richesses, de détruire leurs villages et de les mettre en esclavage. S'il s'avérait que les Indiens étaient des humains, il faudrait dès lors les convertir et les payer pour leur travail. Autre question évoquée : si on les convertit, doit-on le faire par la persuasion ou par la terreur ?
Les débats se dérouleront de septembre 1550 à mai 1551, période durant laquelle la conquête du Nouveau Monde est momentanément stoppée.
Les discussions vont déborder largement la problématique de départ. Sepulveda invoque le droit et le devoir d'ingérence car il rappelle que les Indiens sont cannibales, font des sacrifices humains, sont sodomites et ont d'autres pratiques sexuelles réprouvées par l'Église. Il signale également qu'ils ne peuvent se libérer seuls de leurs rois tyrans, donc il faut intervenir militairement.
Las Casas pense que s'ils font des sacrifices humains c'est parce qu'ils ont une telle haute idée de Dieu, qu'ils ne peuvent se contenter de sacrifices d'animaux ou de prières.
Sepulveda est pour un universalisme des valeurs : la même loi pour tous. La morale chrétienne doit être imposée aux barbares.
Las Casas prône le relativisme : étudier chaque peuple et chaque culture au cas par cas.
À la fin les délibérations tournent au désavantage de Las Casas.
Les conquêtes sur les territoires des Indiens d'Amérique reprennent. Seule modification : comme l'avait recommandé Sepulveda durant la Controverse de Valladolid, les Espagnols doivent n'effectuer « les pillages, cruautés et mises à mort inutiles » que si celles-ci sont motivées par la notion de « Juste Droit ». Notion floue laissée à la libre estimation des conquistadores."


~ Edmond Wells, Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu (par Bernard Werber) ~

µrochąiŋ ąrrêT: première fusée vers la Lune

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Par jérémiah
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Dimanche 4 mai 2008
"BÊTISE HUMAINE : Pour établir une anthologie de la bêtise humaine, la journaliste américaine Wendy Northcutt a crée les « Darwin Awards », un prix qui récompense chaque année la personne qui s'est tuée de la manière la plus stupide (faisant ainsi honte à son espèce et contredisant la loi darwinienne de sélection des meilleurs). Pour que ce prix soit attribué, il faut que le candidat soit la cause de son propre décès, qu'il soit en pleine possession de ses facultés intellectuelles et que l'anecdote soit confirmée par plusieurs sources fiables. Exemples :
En 1994, un terroriste qui expédie un courrier piégé insuffisamment affranchi a remporté le Darwin Award lorsqu'il a ouvert sa propre lettre renvoyée par la poste.
Autre gagnant du Darwin Award : en 1996 un pêcheur ayant lancé un bâton de dynamite allumé sur un lac gelé a vu son chien de chasse aller chercher l'explosif et le lui rapporter.
En 1996, le prix a été attribué à un avocat de Toronto qui a voulu démontrer la solidité des vitres d'un gratte-ciel. Il a donc pris son élan et fracassé la vitre avant de faire une chute de vingt-quatre étages.
En 1998, le prix est allé à un homme de 29 ans qui s'est étouffé en avalant un ornement pailleté enlevé avec ses dents sur la peau d'une danseuse lors d'un spectacle de strip-tease.
En 1999, le Darwin est allé à trois terroristes palestiniens : ils avaient piégé deux voitures qui ont explosé simultanément alors qu'ils étaient encore à bord et avant qu'ils aient pu atteindre leur objectif. Ils avaient préparé les bombes sans tenir compte du changement d'heure d'été.
En 2000, le prix est allé à un habitant de Houston qui a voulu jouer à la roulette russe avec ses amis. Mais au lieu d'utiliser un révolver à barillet, il a pris ce qu'il avait sous la main : un pistolet automatique.
Il a perdu.
En 2001, au Canada, un homme de 25 ans proposa à ses amis de faire du toboggan dans le vide-ordures. Ce qu'il ignorait, c'est qu'une fois engouffré dans la colonne qui descendait les douze étages, il tomberait dans un compacteur automatique d'ordures.
Seule exception : Larry Walters. En 1982, ce retraité de Los Angeles veut réaliser un rêve fou, voler autrement qu'en avion. Il met donc au point son moyen de transport aérien : un fauteuil très confortable, auquel il a attaché 45 ballons de un mètre de diamètre qu'il a gonflés à l'hélium. Après quoi il s'est attaché à son fauteuil et s'est muni de sandwiches, de cannettes de bières et d'un pistolet à plombs. Au signal, ses amis ont détaché la corde qui reliait le fauteuil volant au sol. Mais au lieu de se stabiliser à 30 mètres comme il l'espérait, Larry Walter a été propulsé d'un coup à 5000 mètres d'altitude.
Là, complètement gelé, il n'a plus osé tirer sur les ballons pour redescendre. Il a donc erré longtemps dans les nuages, poussé par les vents, avant d'être repéré par les radars de l'aéroport de Los Angeles. Trouvant ainsi le courage de tirer sur quelques ballons, il a finalement pu redescendre, mais les fils de ballons crevés se sont pris dans un câble haute tension provoquant une coupure d'électricité dans tout le quartier de Long Beach.
Lorsqu'il a aterri les policiers l'ont arrêté et lui ont demandé pourquoi il avait fait ça. Il a répondu : « On ne peut pas rester assis à ne rien faire tout le temps. »
Il est le seul survivant à avoir reçu le Darwin."

~ Edmond Wells, Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu (par Bernard Werber) ~

µrochąiŋ ąrrêT: enfants rescapés des camps de concentration

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Par jérémiah
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Dimanche 20 avril 2008

j'aurais pu croire
(5min)

« Splendeur perdue de la civilisation musulmane.

[...] Bernard Lewis souligne que la civilisation musulmane, des années 800 aux années 1800, grossièrement, a connu mille ans de gloire, de domination et de certitude. Ses qualités militaires lui permirent de conquérir, dès le VIIè siècle la Syrie, l'Égypte et l'Afrique du Nord, au Ixè la Sicile et l'Espagne, avant que son pouvoir ne s'étende vers l'Asie, la Russie, l'Europe orientale, se stabilisant dans l'Empire ottoman, immense et longtemps invincible. De génération en génération, les musulmans de ce temps de grandeur n'ont pas seulement pensé que leur religion intégrait et dépassait les versions anciennes du monothéisme auxquelles juifs et chrétiens demeuraient attachés en vain. Ils ont constaté les succès – militaires, commerciaux, politiques, scientifiques, culturels... - que l'Islam était alors en mesure de conjuguer et de renforcer. Celui-ci avait crée, dit Bernard Lewis, « une civilisation mondiale, pluriethnique, multiraciale, internationale et l'on pourrait même dire transcontinentale ».
[...] Une puissance qui rend faible. Ce monde solidement établi, prospère, bien plus tolérant envers les minorités et les étrangers que ne l'était à la même période la chrétienté, était aussi un espace clos, enfermé dans la conviction de sa suprématie, pratiquement sans relations avec l'extérieur. Des sciences, héritées des Grecs et perfectionnées par des lignées d'astronomes, de médecins, de philosophes, on pensait avoir fait le tour. Des barbares du Nord, chrétiens arriérés et frustes, on n'avait rien à attendre ni à craindre. Les croisades avaient été repoussées. La bataille de Lépante, en 1571, dont on fit grand cas en Europe, était certes une défaite, mais n'avait pratiquement rien changé au cours de l'histoire. [...]
[...] Les musulmans ne voyageaient presque pas vers l'Occident : vivre en terre infidèle leur était fortement déconseillé. Les sultans n'entretenaient pas d'ambassades fixes auprès des souverains étrangers. Des émissaires étaient envoyés pour une mission précise, rien de plus. Aucun savant n'étudiait les langues, les textes, les moeurs de l'Europe. Celle-ci comptait déjà bon nombre d'orientalistes. L'Empire ottoman n'avait pas d' « occidentalistes ».
L'ouverture de l'Empire à la modernité occidentale fut longtemps retardée par sa certitude de lui être supérieure. Que des infidèles pussent mieux faire que les disciples de Mahomet avait quelque chose de choquant. Lorsqu'il apparut de manière éclatante que l'industrie, les sciences, les transports, les finances, les techniques, les arts, même, avaient changé de vitesse en Occident, il fallut envisager de se mettre à l'école des infidèles, situation jusqu'alors inconcevable.
[...] On découvre ainsi la frontière entre la modernisation, qui fait apparaître à côté des objets techniques de nouveaux métiers (journaliste, avocat) mais n'entamerait pas l'identité fondamentale de l'Islam, et l'occidentalisation, qui menacerait de faire disparaître l'essentiel. Ce n'est pas un hasard si le statut des femmes est ce qui change le moins : il définit la limite que l'univers ancien ne peut franchir sans cesser d'être lui-même.
[...] Quels que soient les arguments et les invectives, on ne saurait donner tort à Bernard Lewis quand il décrit les deux voies possibles qui s'offrent aujourd'hui au monde islamique. La première est le retour aux origines pures et dures de l'Islam contre une modernité jugée corruptrice. Le mal serait venu de l'abandon des règles coraniques les plus strictes. En les restaurant, on l'effacerait. Plus de charia, moins de maux... la seconde solution possible passe par la constitution effective d'États laïques, démocratiques, travaillant à l'égalité des sexes. Ce fut le chemin suivi en Turquie, au Xxè siècle, par Atatürk, devenu la bête noire des islamistes. »

par Roger-Pol Droit, dans Le Monde 2, numéro 23, novembre 2002, p.164-166.

"Combien de fois l'homme en colère nie-t-il avec rage ce que lui souffle son moi intérieur ?"
Extrait de Les dits de Muad'Dib, par la Princesse Irulan.
~ Frank Herbert, Dune ~

µrochąiŋ ąrrêT: métro-boulot-dodo

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ou rejoindre le...
dossier sur la mondialisation
Par jérémiah
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Mercredi 9 avril 2008

sur les traces...
(5min)

COULEUR BLEUE : Longtemps la couleur bleue a été déconsidérée. Les Grecs de l'Antiquité estimaient que le bleu n'était pas une vraie couleur. N'étaient perçus comme telles que le blanc, le noir, le jaune et le rouge. Il existait de surcroît un problème technique de colorant : les teinturiers et les peintres ne savaient pas fixer le bleu.
Seule l'Égypte des pharaons considérait le bleu comme la couleur de l'au-delà. Ils fabriquaient cette teinte à base de cuivre. Dans la Rome antique, le bleu est la couleur des barbares. Peut-être parce que les Germains s'enduisaient le visage d'une poudre gris-bleu pour se donner un aspect fantomatique. En latin ou en grec le mot bleu n'est pas clairement défini, souvent assimilé au gris ou au vert. Le mot bleu lui-même sera donc issu du germanique « blau ». Pour les Romains une femme aux yeux bleus était forcément vulgaire et un homme aux yeux bleus brutal et stupide.
Dans la Bible, la couleur bleue est rarement évoquée mais le saphir, pierre précieuse bleue, est la plus estimée.
Le mépris du bleu perdure en Occident jusqu'au Moyen-Âge. Plus le rouge est vif, plus il est signe de richesse. Le rouge se retrouve donc dans les vêtements des prêtres, et notamment du pape et des cardinaux.
Renversement de tendance : au XIIIe siècle, grâce à l'azurite, au cobalt et à l'indigo les artistes arrivent enfin à fixer le bleu. Cela devient la couleur de la Vierge. Elle est représentée avec un manteau bleu ou une robe bleue soit parce que la Vierge habite le ciel soit parce que le bleu était considéré comme un sous-noir, couleur du deuil.
À cette époque les ciels sont peints en bleu alors qu'auparavant ils étaient noirs ou blancs. La mer qui était verte vire elle aussi au bleu dans les gravures.
Sur un coup de mode, le bleu devient une couleur aristocratique, et les teinturiers la suivent. Ils rivalisent dans l'art de concocter des tonalités de bleu de plus en plus diversifiées.
La « guède », plante utilisée pour confectionner le bleu, est cultivée en Toscane, en Picardie ou dans la région toulousaine. Des provinces entières se mettent à prospérer grâce à l'industrie du colorant bleu. La cathédrale d'Amiens a été bâtie avec les contributions des marchands de guède alors qu'à Strasbourg les marchands de garance, plante qui donne la couleur rouge, peinaient à financer leur cathédrale. Du coup les vitraux des cathédrales alsaciennes représentent systématiquement le diable en... bleu. On assiste dès lors à une véritable guerre culturelle entre les régions qui aiment le bleu et celles qui aiment le rouge.
Lors de la réforme protestante, Calvin annonce qu'il y a des couleurs « honnêtes » : le noir, le brun, le bleu. Et des couleurs « malhonnêtes » : le rouge, l'orange, le jaune.
En 1720, un pharmacien de Berlin invente le bleu de Prusse, qui permettra aux teinturiers de diversifier encore les tonalités de bleu. L'amélioration de la navigation permet de bénéficier de l'indigo des Antilles et d'Amérique centrale dont le pouvoir colorant est plus fort que celui du pastel.
La politique s'en mêle : en France le bleu devient la couleur des révoltés républicains s'opposant au blanc des monarchistes et au noir des partis catholiques.
Plus tard le bleu républicain s'oppose au rouge des socialistes et des communistes.
En 1850, un vêtement lui donne ses dernières lettres de noblesse, c'est le jean, inventé par un tailleur, Levi-Strauss, à San Francisco.
Actuellement, en France, la grande majorité des gens interrogés citent le bleu comme leur couleur préférée. En Europe, l'Espagne est le seul pays à préférer le rouge.
Seul domaine où le bleu n'arrive pas à percer : la nourriture. Les yaourts en pots bleu se vendent moins bien que ceux en pots blancs ou rouges. Il n'y a pratiquement aucun aliment de couleur bleue.

~ Edmond Wells, Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu (par Bernard Werber) ~

Par jérémiah
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