Jeudi 17 avril 2008

en héritage
(6min)

« Sderot et Gaza : deux adolescents témoignent.
Quelques kilomètres à peine séparent la ville israélienne du territoire palestinien. Deux mondes différents qui vivent dans la même peur, comme le prouvent les témoignages receuillis par le quotidien israélien Maariv.


Vu de Sderot - Je ne souhaite à personne de vivre ici

Quand je sors dans la rue, la seule chose à laquelle je pense, c'est où je pourrais bien me cacher lorsque les sirènes d'alarme retentiront. Je suis incapable de penser à autre chose. Chaque jour, la ville est frappée de plein fouet par des salves de Qassam [roquettes palestiniennes lancées depuis Gaza]. Et qu'on en reçoive trente ou une seule ne change rien à l'affaire. [...]
Je me rappelle, quand j''étais petit, avant que les Qassam ne se mettent à pleuvoir, les rues étaient bondées, surtout le week-end. Aujourd'hui, Sderot est une ville fantôme. Le week-end, les rues sont vide. Depuis le début des tirs de roquettes, beaucoup de gens ont quitté la ville [on estime que 2500 des 20 000 habitants ont fui Sderot ces douze derniers mois]. C'est sans doute ce que les Palestiniens espèrent obtenir : que toute la ville se vide de ses habitants. [...]
Malgré tout, petit à petit, les Qassam deviennent de la routine. Pendant ce temps, notre Premier Ministre ne fait rien qui puisse nous aider. Parfois, j'ai l'impression que Sderot, ne fait tout simplement pas partie d'Israël ou qu'on nous a peut-être oubliés. Le gouvernement se contrefiche de ce qui nous arrive. Les ministres parlent beaucoup mais ne font rien. C'est bien beau de les voir venir ici pour nous encourager et soutenir les enfants de Sderot, mais je me demande franchement à quoi ça sert.
Pourtant, si on me propose demain de quitter Sderot, je n'accepterai pas. C'est ici que je suis né et que j'ai grandi. [...]
J'aime ma ville et, malgré les Qassam, je m'efforce de continuer à jouer au basket-ball, au football et au tennis. Je sors même avec des copains. [...] Bon, c'est sûr que nous préférerions vivre comme tous les autres enfants, mais la vie est ainsi faite. Maintenant, je voudrais dire quelque chose à ceux qui veulent nous aider financièrement. Ne le faîtes surtout pas. L'argent n'arrive pas aux habitants. »

Alex Stiris, 16 ans."

Par le Maariv, quotidien de Tel-Aviv, extrait traduit par Courrier International pour son numéro 909 (3-9 avril 2008)

Par jérémiah - Publié dans : enfants du monde
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Mercredi 16 avril 2008

problème n°1: comment faciliter l'intégration des jeunes, qui ont évolué dans l'abandon le désespoir et la violence, dans la société ?
localisation: Bychory, Kolin, Česká Republika
solution: le centre de Bychory
origine de la solution:

« Bychory, la pension de tous les espoirs

Le vaste bâtiment blanc, le complexe sportif et les écuries sont plongés dans un épais silence. Soudain, le retentissement d'une sonnerie dérange cette ambiance de château endormi. Les salles de jeux, les chambres, la salle à manger, le studio d'enregistrement, les salles informatiques comme les ateliers de peinture, de poterie et de menuiserie s'animent subitement. C'est l'heure de la récréation. Un petit groupe de filles et de garçons se pressent autour d'un gaillard de 44 ans qui passe dans le couloir ; pendus à ses basques, ils lui relatent frénétiquement les évènements de la matinée. Nous sommes dans un centre pour ados en difficulté de la commune de Bychory, près de Kolin [à l'est de Prague, dans le centre du pays], et la popularité qui entoure son directeur, Ales Bures, n'a pas l'air feinte. Cela malgré le fait que ce centre n'est pas épargné par les critiques qui visent pratiquement tout le système de protection de l'enfance en République tchèque. Les enfants qui ont passé des années dans ces établissements d'Etat n'ont aucune perspective de réussite : des statistiques récentes révèlent que la moitié des jeunes pensionnaires des orphelinats tchèques finissent entre les murs d'une prison. Alors, en ce qui concerne le centre de Bychory, ne parlons pas immédiatement d'un coup de foudre, mais d'une preuve qu'au milieu de cette impitoyable machine on peut créer un monde inspiré.
[...] Mais peu importe ce qui les amenés ici. Ce à quoi le directeur tient par dessus tout, c'est que ces enfants se retrouvent dans un environnement de créativité. Bures sait de quoi il parle : il a lui-même été formé à l'école de la vie.
[...] « Les enfants du centre connaissent mon histoire. Puisque, d'une certaine façon, eux aussi sont exclus de la société, ils sentent intuitivement que je sais de quoi je parle quand je les pousse à ne pas tomber pour cela dans le désespoir ou la violence. Je leur dis souvent que, pour y arriver, il faut de la volonté. »
[...] Pour Ales Bures, le sens de son travail est clair. « Nous devons préparer les enfants pour le jour où ils partiront d'ici », affirme t-il, rappelant les problèmes notoires de l'assistanat. « L'échec relatif de nombreux centres réside dans le fait qu'ils créent autour des enfants une bulle de protection. Quand elle éclate, la crise est là, car une personne dotée d'une histoire traumatique et élevée cette façon ne sait plus comment avancer sans soutien. » Un des moyens d'apprendre aux jeunes le contact avec le « monde normal » est l'apprentissage de la gestion de l'argent. Les enfants du centre reçoivent de l'argent de poche, ils participent seuls à certaines sorties extrascolaires et doivent, à cette occasion, établir, puis respecter le budget de la journée. »


par Jaroslav Formanek, publié dans Reflex [quotidien de Prague], et traduit ensuite par Courrier International, pour l'édition n°909 du 3-9 avril 2008, p.22.

µrochąiŋ ąrrêT: dilemme du prisonnier

la chroniQue '[rev]O[lutions]'

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Par jérémiah - Publié dans : avancées sociales
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Mercredi 9 avril 2008

sur les traces...
(5min)

COULEUR BLEUE : Longtemps la couleur bleue a été déconsidérée. Les Grecs de l'Antiquité estimaient que le bleu n'était pas une vraie couleur. N'étaient perçus comme telles que le blanc, le noir, le jaune et le rouge. Il existait de surcroît un problème technique de colorant : les teinturiers et les peintres ne savaient pas fixer le bleu.
Seule l'Égypte des pharaons considérait le bleu comme la couleur de l'au-delà. Ils fabriquaient cette teinte à base de cuivre. Dans la Rome antique, le bleu est la couleur des barbares. Peut-être parce que les Germains s'enduisaient le visage d'une poudre gris-bleu pour se donner un aspect fantomatique. En latin ou en grec le mot bleu n'est pas clairement défini, souvent assimilé au gris ou au vert. Le mot bleu lui-même sera donc issu du germanique « blau ». Pour les Romains une femme aux yeux bleus était forcément vulgaire et un homme aux yeux bleus brutal et stupide.
Dans la Bible, la couleur bleue est rarement évoquée mais le saphir, pierre précieuse bleue, est la plus estimée.
Le mépris du bleu perdure en Occident jusqu'au Moyen-Âge. Plus le rouge est vif, plus il est signe de richesse. Le rouge se retrouve donc dans les vêtements des prêtres, et notamment du pape et des cardinaux.
Renversement de tendance : au XIIIe siècle, grâce à l'azurite, au cobalt et à l'indigo les artistes arrivent enfin à fixer le bleu. Cela devient la couleur de la Vierge. Elle est représentée avec un manteau bleu ou une robe bleue soit parce que la Vierge habite le ciel soit parce que le bleu était considéré comme un sous-noir, couleur du deuil.
À cette époque les ciels sont peints en bleu alors qu'auparavant ils étaient noirs ou blancs. La mer qui était verte vire elle aussi au bleu dans les gravures.
Sur un coup de mode, le bleu devient une couleur aristocratique, et les teinturiers la suivent. Ils rivalisent dans l'art de concocter des tonalités de bleu de plus en plus diversifiées.
La « guède », plante utilisée pour confectionner le bleu, est cultivée en Toscane, en Picardie ou dans la région toulousaine. Des provinces entières se mettent à prospérer grâce à l'industrie du colorant bleu. La cathédrale d'Amiens a été bâtie avec les contributions des marchands de guède alors qu'à Strasbourg les marchands de garance, plante qui donne la couleur rouge, peinaient à financer leur cathédrale. Du coup les vitraux des cathédrales alsaciennes représentent systématiquement le diable en... bleu. On assiste dès lors à une véritable guerre culturelle entre les régions qui aiment le bleu et celles qui aiment le rouge.
Lors de la réforme protestante, Calvin annonce qu'il y a des couleurs « honnêtes » : le noir, le brun, le bleu. Et des couleurs « malhonnêtes » : le rouge, l'orange, le jaune.
En 1720, un pharmacien de Berlin invente le bleu de Prusse, qui permettra aux teinturiers de diversifier encore les tonalités de bleu. L'amélioration de la navigation permet de bénéficier de l'indigo des Antilles et d'Amérique centrale dont le pouvoir colorant est plus fort que celui du pastel.
La politique s'en mêle : en France le bleu devient la couleur des révoltés républicains s'opposant au blanc des monarchistes et au noir des partis catholiques.
Plus tard le bleu républicain s'oppose au rouge des socialistes et des communistes.
En 1850, un vêtement lui donne ses dernières lettres de noblesse, c'est le jean, inventé par un tailleur, Levi-Strauss, à San Francisco.
Actuellement, en France, la grande majorité des gens interrogés citent le bleu comme leur couleur préférée. En Europe, l'Espagne est le seul pays à préférer le rouge.
Seul domaine où le bleu n'arrive pas à percer : la nourriture. Les yaourts en pots bleu se vendent moins bien que ceux en pots blancs ou rouges. Il n'y a pratiquement aucun aliment de couleur bleue.

~ Edmond Wells, Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu (par Bernard Werber) ~

Par jérémiah - Publié dans : histoire
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Mercredi 9 avril 2008

au grès...
(7min)

Le moteur marre. Nous partons dans un vieux volkswagen Transporteur à travers les routes du Centre. Ici, pas de villages à des kilomètres à la ronde. Si parfois une pointe de clocher, au loin. Mais des champs de blé à perte de vue.
No
tre premier auto-stoppeur, au tour d'un carrefour désert... Dylan, s'appelle t-il. On a failli le manquer. Il monte. Il va vers Bourges. Nous faisons connaissance. Il me parle de l'Amour avec un grand A. Pourquoi fuit-il tout le temps ? Pourquoi tout le monde ne fait que l'utiliser à la légère ? Je ressens dans ces paroles une grande amertume... mais un espoir aussi. Nous nous quittons aux abords de la ville. Puis vient... Marine. Elle est tome en panne, comme ça, au beau milieu de nulle part. On lui dit que cela ne se fait pas. Nous rigolons bien. Nous allons la laisser à la prochaine station. Elle aussi veut se confier... Tout ce qu'elle fait échoue... Elle a beau profiter de la vie, elle a l'impression qu'elle tourne en rond... Je crois que cela nous arrive à tous...
La station service est toute en couleurs ! Ici, la maitresse de maison, c'est Chipichic ! Enfin, comme on l'appelle ici... Elle mène la vie comme elle l'a toujours voulu... au milieu des champs et meules de foin... simplicité, bonheur... il lui manque quelque chose pourtant. Je vous laisse deviner. Elle l'attendra. Elle est cidée.
Au
même comptoir, nous rencontrons.. Léa. Elle traînait dans le coin... Comme ça ? Au milieu de nulle part ? Elle nous rétorque un "t'occupes" bien placé. Nous lui balancons un "viendras-tu avec nous" mielleux. Elle nous propose un "vous allez à Cuba ?". Nous lui répondons que non. "Non merci". Cela met fin à la conversation. Une éléctron libre... délicieuse.
Le
plein d'essence est fini. Nous sommes déjà repartis...


par J.J.

Par jérémiah - Publié dans : blogs - Communauté : La gazette des blogs
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Jeudi 3 avril 2008

µrochąiŋ ąrrêT: baluchistan

la chroniQue 'où est chaRlie ?'

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Par jérémiah - Publié dans : géographie - Communauté : Histoire Géographie
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Mercredi 2 avril 2008
Je suis reparti.
Après avoir vainement tenté de dépasser de mes quelques pouces la tablette de mon siège d'avion pendant à peu près une dizaine d'heures, nous sommes arrivés au Népal. Il est maintenant loin de moi le pays des cow-boys avec leurs colts agressifs. Il y avait quelque chose de pas normal là-bas. Là-bas, les handicapés, c'étaient les normaux. Les non-handicapés ? Ben, vous n'avez qu'à regarder ce pantin désarticulé qui chante depuis 30 ans le même chanson intitulé « mauvais » (en français dans le texte) tout en s'agitant sous le bocal. Non, il y avait quelque chose de pas normal... un gigantesque et infâme complot.
Ici, il fait froid. Très froid. Tellement froid que la blancheur de ma barbe m'a improvisé en père-noël. Par contre, j'avais moins de succès que lui. J'en suis peut-être réduit, ici, à servir de cible-radar-sous-forme-de-jambon au moindre aigle de steppes qui descend de ses steppes.
Katmandou. Un dédale de ruelles et de petits commerces. La pauvreté est omniprésente. Les enfants, qui gravitent autour de ma naine taille, sont les plus nombreux, avec leurs yeux bridés si différents de ceux des peuples plus à l'est... Oh stupeur ! Ces enfants sont tous... handicapés. Oui, ils ont été abandonnés par leurs familles. Oui, ils sont sujets à la corruption et à la prostitution... Je ne pensais pas découvrir un Népal aussi habité par les clichés comme j'avais l'habitude qu'on me martèle la tête... mais finalement, cela dépend du regard que l'on porte : touristique ? Alpiniste ? Anthropologique ?
Le Népal vient de sortir d'une guerre meurtrière. Elle a pris fin en 2006. Deux ans. C'est peu pour qu'un pays s'en remette. Mais ça bouge ici. Les associations occidentales (ah toujours les pions blancs sur l'échiquier du monde...) prônent l'intégration et la rééducation. On offre aux exclus - = handicapés, cqfd- de cette société une émission radio, un stage en informatique... Mais il faudra du temps pour déjouer les préjugés, les discriminations... La Tradition, messieurs, la Tradition !
Ces enfants veulent et espérent sans cesse en un avenir meilleur... Certains d'entre eux me disent qu'ils viennent de Bodhnath, et même d'au-delà, à la frontière sino-tibétaine... Vous avez vraiment traversé la frontière ?

Quà cela ne tienne, je vais leur prouver à tous que dans la vie, la volonté est la meilleure des recettes. Je me décide donc à gravir l'Aulagiri, culminant à pas moins de 8 167 mètres d'altitude. Voilà qui va aérer mes nains bronches !

Qu'allez-vous faire maintenant ? Je vais vous répondre : Vérifier quotidiennement sur l'article 1 de la page 1 de ce blog qu'un nouvel article de votre serviteur Gladeulf le Nain Vert soit en lien. N'est-ce pas une idée beautiful ? Eveurybody guerls ? Eveurybody boyes ?Alors à bientôt !


par gladeulf

Par jérémiah - Publié dans : handicap - Communauté : handicap-injustices
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Mardi 1 avril 2008

nani nani
(4min)

"Toi qui connais les souffrances que nous endurons ici, ne nous oublie pas dans tes prières."
Inscription à l'entrée de l'aire d'atterissage d'Arrakeen (Archives historiques de Dar-es-Balat)
~ Frank Herbert, Les Hérétiques de Dune ~


"La situation au Balouchistan est devenue explosive : attaques contre les infrastructures et les moyens de communication, sabotages de gazoduc, attentats à l'explosif et embuscades visant les forces de sécurité (...) Le gouvernement a choisi l'option militaire et accusé les pays voisins de soutenir l'insurrection dans cette province qui a retrouvé son importance géostratégique depuis l'intervention américaine en Afghanistan ", explique Mariam Abou Zahab, spécialiste du Pakistan (1). Très peu connue, isolée et à l'écart de projecteurs médiatiques, cette région pakistanaise est pourtant la proie d'une escalade de violence permanente entre l'Armée de Libération du Balouchistan (BLA, Balouchistan Liberation Army) et les autorités centrales d'Islamabad. La mort récente d'un chef rebelle nationaliste Balouchte, Nawab Akbar Khan Bugti, tué fin août lors de combats avec les forces gouvernementales, n'a fait qu'envenimer la situation sur le terrain.
A l'origine de ce conflit dit de " basse intensité " se croisent de multiples enjeux (politique, économique, géostragégique). [...] Les Balouchtes revendiquent une plus large autonomie politique, et surtout, une meilleure redistribution des richesses tirées de ses sous-sols riches en matières premières (gaz, charbon, uranium, zinc, fer, cuivre). La province concentre près de 20% des ressources minières, principalement dans la région de Sui, et constitue une zone de transit géostratégique pour l'acheminement du gaz et du pétrole en provenance d'Asie centrale. [...] Et pour l'acheminement de ces ressources, il y a la construction du port de Gwadar, au bénéfices de la Russie, du Pakistan d'Islamabad et de la Chine.
Pourtant, malgré ses atouts, le Balouchistan est la région la plus pauvre et la moins développée du Pakistan. Elle vit dans un état de sous-développement économique chronique en dépit de la richesse de ses sous-sols et les nombreux projets d'exploitation des ressources naturelles lancés par le gouvernement pakistanais."


par Julien Nessi, pour le site ewropeans magazine, 9 novembre 2006.

Les Baloutches constituent une nation d'à peu près 12 millions de personnes, répartis telle une diaspora sur les terres éclatées du Baluchistan, entre le sud du Pakistan, le nord-est de l'Iran et le sud de l'Afghanistan. C'est au Baluchistan pakistanais que les esprits indépendantistes sont les plus vigoureux, après trois grandes guerres successives entre les tribus baloutches et les armées d'Islamabad, capitale du Pakistan. Cependant, l'oppression est dure : à la fois militaire (bombardements sur les villages civils et harcèlement des troupes, enlèvements et tortures) et politique (discriminations, éléctrifications des villages).
En Iran, la communauté subit une autre sorte d'oppression, religieuse celle-là. Les Baloutches étant pour la plus grande majorité des sunnites musulmans (hanafites), les oppressions sont initiées par les chiites, au nom de la guerre contre l'espionnage américain. Les Baloutches iraniens refusent cependant tout union avec la cause des Baloutches pakistanais, et prônent au contraire un Iran fédéral, capable de donner aux diverses cultures de son territoire une relative autonomie.
Enfin, en Afghanistan, les communautés Baloutches, installées dans les provinces de Kandahar, Hellmand et Nimrouz, sont prises entre les feux des armées aveugles de l'OTAN et des Talebans.*

par J.J.



* Mais en Afghanistan, il faut comprendre que la naissance du mouvement Taleban, en 94, qui s'est faite dans la région même des villages baloutches et pachtounes, a été reçu comme une véritable libération. Les moudjahiddin, ces guerriers formés à la résistance contre les soviets, dans les années 80, avaient acquis une telle renommée de pilleurs et de violeurs, que la guerre que leur livrèrent les Talebans fut largement soutenue par les civils.

Par jérémiah - Publié dans : identités et cultures en péril - Communauté : Les minorités philosophiques
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Lundi 31 mars 2008
Pythagore : À l'école nous avons appris le théorème de Pythagore : « Si ABC est un triangle rectangle, alors le carrée de l'hypoténuse est égal à la somme des carrés des 2 autres côtés. » Pourtant le savant est beaucoup plus qu'un simple mathématicien.
Pythagore naît sur l'île de Samos, au début du Viè siècle avant J-C, fils d'un riche marchand de bagues précieuses. La pythie de Delphes consultée lors d'un voyage par ses parents leur avait annoncé « un fils qui serait utile à tous les hommes dans tous les temps » et elle leur avait conseillé d'aller à Sidon en Phénicie afin que l'enfant fût béni dans un temple hébreu.
Très sportif, le jeune Pythagore participe aux jeux Olympiques. Il voyage ensuite dans plusieurs pays, recevant des enseignements parfois contradictoires. À Millet il est instruit par le mathématicien Thalès. En Égypte, il reçoit l'initiation des prêtres de Memphis. Mais les Perses envahissent l'Égypte et il est enlevé avec d'autres savants pour être conduit à Babylone. Il parvint à s'échapper et monta à Corcone en Italie (qui faisait partie de la Grande Grèce de l'époque) une école mixte, laïque, où il délivre un enseignement universel par degrés.
Au premier degrés, la « Préparation », les novices sont tenus au silence pendant une période de 2 à 5 ans. Ils sont censés développés leur intuition.
Ils apprennent le sens de la règle de Delphes : « Connais-toi toi-même et tu connaîtras les cieux et les dieux. »
Au deuxième degrés, l' « Évolution », commence l'étude des nombres. Vient ensuite l'étude de la musique, considérée comme une combinaison de nombres.
Pythagore énonce :
« L'Évolution est la loi de la Vie.
Le Nombre est la loi de l'Univers.
L'Unité est la loi de Dieu. »
Au troisième degré, la « Perfection », commence l'enseignement de la cosmogonie. Pour Pythagore les planètes sont issues du Soleil, elles tournent autour de lui (ce en quoi il s'oppose à Aristote qui place la Terre au centre de l'univers), et les étoiles sont autant de systèmes solaires. Il décrète que : « Les animaux sont les parents de l'homme et l'homme est parent de Dieu » ; les êtres vivants se transforment selon la loi de la sélection, mais aussi la loi de la persécution et l'action de forces invisibles.
Lors du quatrième degrés, l' « Épiphanie » (littéralement : « révélation de la vérité vue d'en haut »), l'initié pythagoricien doit arriver à trois perfections : trouver la vérité dans l'intelligence, la vertu dans l'âme, et la pureté dans le corps. L'élève peut alors procréer avec une femme (de préférence initiée elle aussi), afin de permettre à une âme de se réincarner.
Pythagore énonce encore :
« Le Sommeil, le Rêve et l'Extase sont les 3 portes ouvertes sur l'au-delà d'où nous viennent la science de l'Âme et l'art de la divination. »
Les élèves de son école ayant terminé leurs études sont encouragés à s'impliquer dans la vie publique. Parmi les plus brillants : Hippocrate, fondateur de la médecine antique et auteur du célèbre serment éponyme.
Quand Crotone est attaquée par l'armée de la ville de Sybaris, un subtil général pythagoricien parvient à retourner la situation et à envahir la cité ennemie. Mais un élève recalé aux examens d'entrée de l'école pythagoricienne profite de la confusion issue de cette victoire pour lancer une calomnie et faire croire aux habitants de Crotone que les adeptes de Pythagore vont se partager seuls le butin de la cité vaincue. Les habitants de Crotone menés par l'intriguant jaloux attaquent l'école, y mettent le feu et tuent Pythagore avec 38 de ses disciples qui essayaient de le défendre. Après son décès, ses initiés connaîtront des persécutions et ses livres seront brûlés.
Socrate, qui aurait eu la chance de consulter l'un des 3 ouvrages miraculeusement sauvés de l'incendie de l'école, n'a jamais caché que son enseignement était directement issu de celui de Pythagore.

~ Edmond Wells, Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu (par Bernard Werber) ~


Par jérémiah - Publié dans : destins particuliers
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Dimanche 30 mars 2008

save me
(5min)


« Les Bochimans toujours interdits de séjour sur leurs terres. »

extraits d'un article paru dans Courrier International n°898 et tiré du quotidien « The Guardian », à Londres.

« M'étant rendue à plusieurs reprises dans la réserve du Kalahari central, au Botswana, je peux voir la différence entre le mode de vie indépendant que les Bochimans (1) menaient autrefois et celui qu'ils ont aujourd'hui. En plusieurs vagues d'expulsion, échelonnées entre 1997 et 2002, le gouvernement les a chassé s de leurs terres ancestrales et placés dans des camps. [...]
Même si le Kalahari est aride et inhospitalier, la région est d'une grande beauté. L'horizon est dégagé, et, la nuit, on peut voir les constellations les plus fabuleuses, qui ont toutes un nom dans la langue des Bochimans. C'est aussi le lieu où reposent leurs ancètres, ce qui revêt une très grande importance à leurs yeux. Autour des camps, il n'y a pas de vie sauvage : les terrains ayant été entièrement rasés, il ne reste plus rien. Les San (2) vivent dans de véritables camps de concentration, où sont entassés des milliers de personnes. Une femme de ma connaissance, qui est chamane, m'a expliqué qu'elle ne pouvait plus pratiquer les danses rituelles, car elle se trouve si loin des terres où résident les esprits de ses ancètres, qu'il lui est impossible d'entrer en communication avec eux.
[...] Les ayant vus mener une vie autonome et heureuse sur leurs terres, j'ai eu du mal à leur rendre visite dans un environnement qui leur est aussi étranger que celui des camps. Ils n'ont rien à faire et vivent des rations d'aliments et d'eau qui leur sont fournies par l'Etat. Faute de pouvoir chasser, les hommes s'ennuient et sont déprimés. Coupés de tout ce qui a un sens pour eux, les San ont perdu leur autonomie. [...]
En parlant avec des enfants, j'ai découvert en outre que l'enseignement ne leur était pas dispensé dans leur langue maternelle : ils se sentent perdus et malheureux dans cette école où on ne leur enseigne pas leur propre histoire. »


Fiona Watson

(1) ou 'Bosjesmans', nom donné par les européens et dérivé de l'anglais 'bushmen' : littéralement 'hommes de la brousse'
(2) nom qu'ils se donnent eux-mêmes


Malgré les dires du gouvernement botswanais qui prétend avoir voulu « favoriser le développement des San » en les chassant de leurs terres, tous sont convaincus que leurs véritables motivations sont les gisements de diamants, localisés près des villages Bochimans. En atteste la concession faite à une compagnie minière sud-africaine...
Depuis 2002, la cour de justice bostwanaise a reconnu le droit ancestral des Bochimans à récupérer leurs terres. Mais, au mépris de ce verdict, tout est mis en oeuvre par les autorités pour empêcher ce retour, et aujourd'hui, rien a changé.

par J.J.

"Toi qui connais les souffrances que nous endurons ici, ne nous oublie pas dans tes prières."
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~ Frank Herbert, Les Hérétiques de Dune ~

la chroniQue 'combałs'

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Lundi 17 mars 2008
Lorsqu'au bord de l'océan on contemple l'horizon lointain, lorsqu'il s'étale à vos pieds comme un tapis sans fin, on peut se dire que le monde est gigantesque, que notre vie n'est qu'une petite poussière, que nos aspirations égoïstes ne sont rien. C'est de cette pensée qu'est né ce blog que vous êtes en train de lire. La pensée que derrière l'horizon, il y a quelque chose, quelque chose ou quelqu'un qui se croit aussi important que vous croyez l'être en ce moment, qui a la même pensée, assis peut-être à l'autre bord de ce même océan, contemplant un autre horizon. Peut-être ne lirez-vous jamais cet article, ni ce blog, peut-être les lirez-vous mais jamais dans leur totalité, l'essentiel est que ce blog existe, et qu'ainsi se concrétise une pensée que l'on a eu, un jour.

La charte du bloG

~ respecter la différence entre cultures ~ On évitera les noms qui créent des barrières comme "race", "ethnie", "territoire", survivants d'une époque barbare, et on appellera les peuples, pays, et villes dans leur nom d'origine.

~ être conscient que l'on ne constitue ensemble qu'"un seul peuple" ~ 15000 ans d'histoire marquée par nombre de civilisations, de cultures, de philosophies, mais toujours la même Humanité.

~ parler de ce que l'on ne connaît pas ~ Nous remarquons qu'aux informations, ils ne parlent jamais de certains pays, alors nous parlerons de ces pays. Nous remarquons que des évènements dramatiques sont cachés à la face du monde, nous tenterons de les débusquer et d'en parler. Si jamais un phénomène de société constitue un frein à son évolution, alors nous en parlerons sous cet angle. Combattre toute stabilité, favoriser toute évolution.

~ essayer de synthétiser ~ Les articles veulent vous interpeller, en prenant les choses d'un certain point de vue. A vOus de jouer.

~ parfois, certaines personnes auront tendance à se sentir "agressé" et "critiqué"... ~ Nuance : c'est le phénomène qui est critiqué, pas la participation au phénomène. S'il y a critique, ce sera justifié par une prise de position humaniste : l'art devient facile, et la critique, difficile.

~ parce que l'homme a tendance à se convaincre de conclusions rapides et irréfléchies ~ Nos opinions, nos conceptions, sont à l'épreuve de la critique, à l'épreuve du dialogue constructif. Aucune opinion ne peut être une vérité absolue. Tout est instable, changeant, critiquable; tout peut être remis en question. Il n'appartient qu'à vous, maintenant, de l'accepter et de rentrer dans le jeu.

par J.J.

[rejoindre la chronique 'anecdote' et l'article 'ya du rab', sur les motivations de ce blog] ►ici
[rejoindre l'article 'l'exemple du sdf'] ►ici
[rejoindre le 'kaleidoscop' des idées 'non-reçues'] ►ici
Par jérémiah - Publié dans : principe du blog
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