Samedi 17 mai 2008
« Peut-on encore sauver les Nukaks ?
Colombie. Les Nukaks, l'un des derniers peuples nomades du bassin amazonien, ne sont connus que depuis 1988. Aujourd'hui chassés de leur territoire ancestral, ils succombent rapidement aux maladies.

Une pluie drue arrose le petit port sur la rivière Guaviare. Nous sommes venus de loin pour rencontrer les Nukaks. C'est la dernière tribu nomade colombienne, découverte en 1988 et aujourd'hui sur le point de disparaître. Un recensement réalisé en 1992 par le ministère de l'Intérieur indiquait que l'ethnie comptait 1663 membres. Onze ans plus tard, le ministère de la Santé affirmait qu'ils étaient moins de 500. La grippe et d'autres maladies transmises par les Blancs sont tout simplement en train de les exterminer.
En rais
on de la guerre que se livrent guérilleros, milices paramilitaires et forces gouvernementales; 46 Nukaks ont été déplacés de force à Barrancón Bajo, à quarante-cinq minutes en canot à moteur à l'est de San José del Guaviare. C'est là que nous voulons aller. Manuel Garcĭa, un jeune Nukak, plutôt petit, en blue-jean er tee-shirt, va nous servir de guide et de traducteur. Avant d'arriver au campement, situé à 1 kilomètre de la rivière, nous sommes arrêtés par un groupe de soldats. Ils nous demandent où nous allons et enregistrent notre identité.
Dans l'eau jus
qu'aux genoux, une Indienne déjà âgée, membre de l'ethnie Desana, lave des vêtements. Elle nous confirme dans un espagnol mal assuré que les Nukaks sont installés un peu plus loin. Elle est très fière de les avoir comme hôtes. Les Desanas, qui disposent d'une réserve de 20 hectares à Barrancón Bajo, leur ont prêté un terrain pour y établir un campement. L'Indienne ajoute que, si nous décidons de rester cette nuit, elle nous offre sa maison, située tout près de la rivière. Mais elle nous prévient aussi que les paramilitaires [d'extrême-droite] font des rondes à partir de 6 heures de l'après-midi. « Eux, ils voient tout, dit-elle. D'ailleurs, peut-être qu'ils nous observent en ce moment. »
Après avoir
parcouru environ 1 kilomètre dans une prairie où paissent des zébus, nous apercevons une sorte de baraquement sous des grands arbres. On dirait un bidonville en pleine forêt. La maloca, le campement des Indiens, est là, derrière des fils de fer barbelés sur lesquels des vêtements ont été mis à sécher. Les Nukaks aussi sont là. Alignés derrière la clôture, en jeans et tee-shirts, pour la plupart pieds nus, certains avec des bottes en caoutchouc, intrigués par ces Blancs qui s'approchent.

Par Oscar Bustos B., pour le trimestriel colombien Número, article repris ensuite par Courrier International, dans le numéro hors-série de juin-juillet-aout 2007, p.55.
Par jérémiah - Publié dans : identités et cultures en péril - Communauté : Les minorités philosophiques
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Jeudi 15 mai 2008
"La science, déguisée en bienfait de l'humanité, est une force dangereuse qui modifie souvent les processus naturels sans en voir les conséquences. Dans un tel scénario, la destruction de masse est inévitable."
Cogitor Reticulum, Observations du haut de mille années
~ Brian Herbert & Kevin J.Anderson, La guerre des machines ~

"Dragon chinois : La technique du dragon chinois est une stratégie visant à convaincre une assistance d'une hypothèse incertaine. Elle est parfois utilisée en science pour conforter une idée douteuse.
Le scientifique qui veut fabriquer un dragon chinois va par exemple inventer un contradicteur imaginaire défendant une théorie opposée à la sienne. Et en démontrant que la théorie de l'adversaire ne tient pas (l'exercice est d'autant plus facile à réaliser que c'est lui-même qui a inventé ses arguments), il va a contrario convaincre que la sienne est forcément juste et vraie."

~ Edmond Wells, Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu (par Bernard Werber) ~

µrochąiŋ ąrrêT: pythagore

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Par jérémiah - Publié dans : science - Communauté : Apprendre et découvrir
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Jeudi 15 mai 2008

elle aussi
(5min)

« L'Europe doit rembourser »
Un chef aztèque s'adresse aux gouvernements des pays développés pour leur réclamer la restitution des richesses volées.


Me voici, moi, Guaipuro Cuauhtémoc, descendant des peuples qui ont habité l'Amérique il y a quarante mille ans. Je suis venu à la rencontre de ceux qui l'ont « découverte » il y a cinq cents ans. Mon frère douanier européen me réclame un papier écrit avec un visa pour pouvoir découvrir ceux qui m'ont découvert autrefois. Mon frère usurier européen me réclame le paiement d'une dette contractée par Judas – quelqu'un, en vérité, que je n'ai jamais mandaté. Mon frère usurier européen m'explique que toute dette se paie avec des intérêts, quand bien même il faudrait pour cela vendre des êtres humainset des pays entiers sans leur demander leur consentement.
Mais moi aussi, je peux réclamer mon dû. Moi aussi, je peux réclamer des intérêts. Les Archives des Indes font état, avec force papiers, force reçus et force signatures, de ce que 185 000 kilos d'or et 16 millions de kilos d'argent sont arrivés à San Lúcar de Barrameda [Espagne] en provenance d'Amérique entre 1503 et 1660. Pillage ? Cela ne me viendrait pas à l'idée ! Ce serait penser que nos frères chrétiens ne respectent pas leur septième commandement. Spoliation ? Dieu me garde d'aller imaginer que les Européens, à l'image de Caïn, tuent, puis dissimulent le sang de leur frère ! Génocide ? Ce serait là accorder du crédit à des calomniateurs comme Bartolomé de Las Casas et tous ceux qui ont qualifié la rencontre de « destruction des indes ».
Non ! Ces 185 000 kilos d'or et ces 16 millions de kilos d'argent doivent être considérés comme le premier d'entre les divers prêts à l'amiable consentis par l'Amérique en faveur du développement de l'Europe. Penser le contraire reviendrait à établir l'existence de crimes de guerre, ce qui ouvrirait un droit à exiger non seulement le remboursement immédiat, mais même une indemnisation pour dommages et préjudices. Moi, Guaipuro Cuauhtémoc, je préfère croire en l'hypothèse la moins offensante pour mes frères européens. Des exporations de capitaux aussi fabuleuses n'ont été rien d'autre que la mise en place d'un plan Marshall-tezuma pour garantir la reconstruction de la barbare Europe ruinée par ses guerres déplorables contre les musulmans cultivés, défenseurs de l'algèbre, de l'architecture et du bain quotidien.
L'affirmation de Milton Friedman selon laquelle une économie assistée ne pourra jamais fonctionner nous oblige à réclamer aux européens – pour leur propre bien – le paiement du capital et des intérêts.
Il est bien clair, toutefois, que nous ne nous abaisserons pas à réclamer à nos frères européens les taux – odieux et cruels - de 20% et jusqu'à 30% que nos frères européens font payer aux peuples du tiers-monde. Nous nous limiterons à exiger la restitution des métaux précieux avancés, plus un modique intérêt fixe de 10% par an, intérêt calculé sur les trois cents dernières années. Sur cette base, et en application de la formule européenne de l'intérêt composé, nous informons nos découvreurs qu'ils ne nous doivent, en guise du premier paiement, que 185 000 kilos d'or et 16 millions de kilos d'argent, quantité multipliées par 110% trois cents fois de suite. C'est-à-dire un peu moins de 500 000 milliards de tonnes d'or et à peine 40 millions de milliards de tonnes d'argent.

Publié par le quotidien san salvadorien Carta a las iglesias, et repris par Courrier International, hors-série de juin-juillet-août 2007, p.16.

(Traduit et publié par la Diffusion de l'information sur l'Amérique latine [DIAL], Lyon.)

µrochąiŋ ąrrêT: chantage

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Par jérémiah - Publié dans : capitalisme - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Mardi 13 mai 2008

au fil des vagues
(5min)

Je suis bloqué dans un ascenseur.
Assis entre quatre murs qui me donnent un sentiment de claustrophobie exacerbée, je tente tout de même de vous écrire, mes chers et fidèles lecteurs. Je suis un nain. Et je suis bloqué. Dans un ascenseur.
En fait, tout a commencé lorsque je me suis embarqué sur cette compagnie égyptienne à destination des Açores. Je me souviens, j'étais un peu déçu de ma virée en Alexandrie et de mes frères humains égyptiens qui n'avaient que faire de mes compagnons handicapés.
Alors je me suis envolé à nouveau, vers des îles situées au-delà des Colonnes d'Hercule. Je me suis dit que ce serait fun. Que je verrai les baleines et les dauphins qui convolent en cette saison sous l'écume.
J'ai découvert une société qui prône nombre de lois et de décrets en faveur du handicap. J'ai découvert également une mentalité bien loin de vouloir encore appliquer ces mêmes lois et ces mêmes décrets. Ici, même si l'on est loin de la patrie mère portugaise, on fait les mêmes choses que là-bas, on a les mêmes réflexes : on rejette vraiment tous ceux qui sont handicapés. Pas d'équipement. Pas de services. Aucun effort. Soupir.
Il faudra du temps. C'est comme pour tout. Enfin bon. Du coup, pour me détacher de cette amère réalité qui agressait ma naine conscience, je me suis embarqué sur le Lord Nelson, réputé comme l'un des seuls voiliers au monde à pourvoir accueillir les nains. Euh.. enfin, les handicapés. Et attention, mesdames et messieurs ! Coque construite dans le but d'assurer une stabilité à toute épreuve, manoeuvres classiques adaptées aux fauteuils roulants, un compas auditif, des vibreurs pour les sourds, un éclairage intense et des couleurs violentes pour les malvoyants, une barre assistée hydrauliquement, des attaches pour les chaises roulantes, et tous les équipements nécessaires aux handicapés à terre !
La rolls du handicapé ! Mais voilà, dans ma chance légendaire zé imbattable, j'ai voulu essayer l'ascenseur reliant les ponts. Il a fallu qu'il tombe en panne.
J'ai pas trouvé ça fun.


(P.S. : Qu'allez-vous faire maintenant ? Je vais vous répondre : Vérifier quotidiennement sur l'article 1 de la page 1 de ce blog qu'un nouvel article de votre serviteur Gladeulf le Nain Vert soit en lien. N'est-ce pas une idée beautiful ? Eveurybody guerls ? Eveurybody boyes ?Alors à bientôt !)

par gladeulf

Par jérémiah - Publié dans : handicap - Communauté : handicap-injustices
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Lundi 12 mai 2008

little miss sunshine - chicago
(6min)

Certains disent que les carnets intimes d'aujourd'hui, ce sont les blogs. Mais il n'y a rien d'intime dans un blog, n'est-ce pas ? C'est avec cette pensée que je promenai un jour, parmi une de ces nombreuses ruelles de blogs, où on ne sait jamais sur quoi l'on va tomber. Et puis je rencontre... Chouchoune ! Ce n'est pas la tchatche qui lui manque ! Ses déboires, ses délires, ses coups de coeurs, et ses moments de tristesse... Mais j'ai envie de te dire quelque chose, belle demoiselle : oui, les gens sont comme ça, oui ils peuvent être affreux, oui ils sont inintéressants... Mais ce qui compte avant tout, c'est que tu vive comme tu veux... et peut-être alors seras-tu prête ensuite à faire que les choses changent... Un joli minois pour une belle maison.

Un
grand livre, par terre. Un album photo. La tentation est grande. Je l'ouvre. Le nom sur la couverture est celui de... immortelle013. Très belles déclarations. Une famille unie. Son petit sourire me séduit. La propriétaire de tout ce petit monde en images vient me voir. Elle me reprend l'objet de ses recherches avec un air... méfiant. Et elle s'envole au loin, vers sans doute de nouvelles aventures.

Bon all
ez, un petit tour dans un bar, ce serait pas de refus. Surtout par les temps chaleureux qui courent. Et là je rencontre... Lucy. Lucy ne dort pas. En fait, elle ne dort jamais. Avec elle, les after succèdent les after. Nous refaisons le monde. Elle préfère siroter un capuccino au lit plutôt qu'à rêver, nous dis t-elle. Ben ouais, je la comprend. On perd tellement de temps dans notre vie à dormir. Grrr. C'est rageant.

Vous parl
er de ma vie / Vous dire à vous d'où je viens / Qui je suis / Je suis une femme de couleur / Je viens de là où le soleil brille / Où les gens se parlent sans se connaître / Les vagues ramènent l'écho de la vie / Et les oiseaux chantent à la fenêtre / Le parfum de la liberté / L'enfant au visage métissé / Qui regarde son père pour voir comment faire / Les bons conseils qui feront de lui le grand frère / Le sable chaud qui réchauffe les cœurs / De simples mots pour parler de bonheur / Ces mémoires qui redonnent le sourire / L'envie de vous chanter mes souvenirs. La demoiselle qui est en train de fredonner ces paroles laisse tomber une photo sur le parvis. Je ramasse. "Mademoiselle, vous avez fait tomber ça !" Je regarde. La photo d'elle-même en serviette. Arg.

Comme
nous sommes dans le Finistère (eh oui, votre cher serviteur habite et est originaire en partie du finistère) je ne pouvais éviter le détour par la petite maison de Mya, où rose rime avec bleu. Si si ! A voir : Mya s'est intéressée à toutes la façons que les gens du monde ont de dire "je t'aime". Si si !


par JJ.

Par jérémiah - Publié dans : blogs - Communauté : La gazette des blogs
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Samedi 10 mai 2008
"Les Baruyas : les Baruyas forment un peuple primitif de Papouasie, en Nouvelle-Guinée, qui a vécu coupé de toute civilisation jusqu'en 1951, année où il a été découvert par des explorateurs australiens.
Mais c'est l'anthropologue français Maur
ice Godelier, auteur de L'Énigme du don (1996) et Métamorphoses de la parenté (2004), qui a vraiment approfondi l'étude de ce peuple entre 1967 et 1988.
Lors de s
es premiers voyages, il découvre une société d'agriculteurs-chasseurs qui utilise une technologie datant de l'âge de pierre. Maurice Godelier voulait comprendre la genèse des mythes et comment ceux-ci construisent ensuite la structure sociale.
Les Baruyas n'ont pas de notion d'État,
de classe, ou de hiérarchie complexe.
En
revanche ils ont établi un système patriarcal qui dépasse tout ce que les éthnologues connaissaient jusque-là
Pour l
es Baruyas le sperme est au centre de tout. Les êtres humains sont issus d'u, mélange de sperme et de rayons du soleil. Les femmes sont les réceptacles de ce mélange. Quand le mélange se fait mal cela donne une fille.
Cette vision (sans la connaissa
nce de l'ovule) fait que pour les Baruyas les femmes sont des humains ratés, nécessaires cependant à la fabrication d'humains réussis, c'est-à-dire des mâles. Leur vision des femmes est au-delà de la misogynie occidentale (et c'est pourquoi la suite de son étude n'est évidemment pas « politiquement correcte » et qu'il faut la regarder hors de nos grilles habituelles de jugement). Quand les garçons ont 8 ans, ils sont exclus de l'influence des femmes. Ils sont extraits de leur famille pour recevoir une initiation jusqu'à 15 ans, loin du village, dans la montagne. Là ils se retrouvent dans une communauté uniquement formée d'hommes. Ceux-ci vont les initier aux rites magiques et à la sexualité.
Quand les garçons sont adoles
cents, à 16 ans, on les considère prêts à fonder une famille. Ils redescendent de la montagne et prennent femme.
Ils von
t avoir des rapports sexuels et si la femme tombe enceinte il faut qu'elle ait un maximum de partenaires mâles (en plus de son compagnon) durant sa gestation, pour que le sperme des autres hommes contribue à renforcer l'enfant à naître.
De même
par la suite quand la mère allaite, le lait est considéré comme du « sperme transformé ». La femme doit donc continuer à avoir des rapports sexuels pour produire beaucoup de lait.
Dans la société Baruya
, la femme n'a pas accès à la propriété de la terre. Elle n'a le droit ni de cultiver, ni de pratiquer des rites religieux. C'est la société la plus patriarcale connue à ce jour.
Maurice Godelier, à par
tir de l'étude des Baruyas, déduit que la société n'est pas le reflet de l'économie, contrairement à ce que pensaient jusque-là la plupart des éthnologues, mais le reflet des mythes fondateurs. C'est parce que les Baruyas ont à un moment imaginé que le sperme était à l'origine de tout qu'ils ont bâti autour de cette croyance leurs rites et leurs rapports sociaux."

~ Edmond Wells, Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu (par Bernard Werber) ~

µrochąiŋ ąrrêT: Marlo Morgan, Message des Hommes Vrais au Monde Mutant

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Vendredi 9 mai 2008

"Les sans papiers victimes de l'idéologie
Centres de rétention indignes, rafles, culture de l'arbitraire : pour cette journaliste mexicaine, la France ne ressemble pas exactement à une « terre d'accueil ». Reportage.


David vient de passer dix-sept jours dans le centre du Mesnil-Amelot et il doit sa libération à une erreur de procédure. « Là-bas, on se sent comme des rats en cage, raconte t-il. On ne nous dit jamais rien sur notre situation, ils ne font que répéter qu'on va bientôt monter dans un avion et retourner dans notre pays. Ils nous parlent comme à des chiens et nous traitent comme des criminels. Et, quand on leur dit que notre seul tort, c'est de ne pas avoir de papiers, ils nous insultent. »
« Évidemment, David n'est pas son prénom. Il accepte seulement de me dire qu'il est originaire du Caucase. Il est arrivé en France en 2001, à 15 ans, avec ses parents et ses frères. La famille s'est installée à Nancy. Ils n'ont jamais réussi à régulariser leur situation. David a appris le métier de charpentier. Ses parents avaient un travail, ils payaient des impôts et avaient l'illusion de vivre presque normalement. Le rêve a pris fin en juin dernier. La famille a été expulsée. David a réussi a s'enfuir. Mais il sait qu'à tout moment, on peut venir l'arrêter. [...]
Il n'est pas rare que la police fasse irruption au domicile des sans-papiers ou dans les hôtels qui les accueillent pour arrêter des familles entières. Parfois, ils opèrent à l'aube ; d'autres fois, ils le font en plein jour et sans retenue, afin d'intimider les autres sans-papiers. Les pères de famille sont humiliés devant leurs enfants, les domiciles saccagés, les cris et les coups pleuvent et même les voisins sont menacés de représailles. Il y a évidemment de nombreuses arrestations sur le lieu de travail, mais aussi dans les restaurants, les cafés et les magasins fréquentés par les immigrés. La police a également recours à des méthodes plus sournoises : la préfecture convoque les sans-papiers pour « examiner » leur dossier de régularisation. Une fois sur place, ils sont immédiatement arrêtés par la police et conduits dans un centre de rétention.
Tous les jours, des patrouilles de police en uniforme ou des petits groupes d'agents en civil arpentent les couloirs du métro et les gares de grandes villes. La nuit, ils multiplient les coups de filet dans les quartiers populaires.
Et, comme si cela ne suffisait pas, les ONG affirment que les autorités demandent aux instituteurs, aux travailleurs sociaux, aux inspecteurs du travail et aux propriétaires de « signaler » les cas de sans-papiers qu'ils pourraient rencontrer. Depuis le 11 mars dernier, les employeurs sont d'ailleurs dans l'obligation de faire parvenir à la préfecture de leur département une copie des contrats de travail des étrangers qu'ils embauchent.
« Nous en arrivons à des situations extrêmes » dénonce Damien Nante, porte-parole du Comité intermouvements auprès des évacués (CIMADE). « Il y aurait entre 200 000 et 400 000 immigrés clandestins en France. Au dire des experts, ces trente dernières années, le flux migratoire s'est auto-régulé et la France ne court pas le moindre risque d' « invasion ». En outre, les entreprises disent avoir besoin de la main d'oeuvre immigrée, qui est indispensable dans certains secteurs de l'économie. Il faut être clair : cette exigence de 25 000 expulsions par an qui fait tant de ravages et crée un climat chaque jour plus malsain dans notre pays est purement idéologique. »


par Anne-Marie Mergier, pour l'hebdomadaire mexicain « Proceso », puis repris par Courrier International, pour son édition du 27 mars-2 avril 2008, p.8

"Toi qui connais les souffrances que nous endurons ici, ne nous oublie pas dans tes prières."
Inscription à l'entrée de l'aire d'atterissage d'Arrakeen (Archives historiques de Dar-es-Balat)
~ Frank Herbert, Les Hérétiques de Dune ~

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Mardi 6 mai 2008


get out
(4min)

Amour et amitié : "s'il ya quelque chose qui t'échappe, c'est que tu dois te remettre en question"

Forum: témoignages? Expériences? Questions? Conceptions?

par J.J.




µrochąiŋ ąrrêT: meilleur(e) ami(e)

la chroniQue 'honni soit qui mal y penSe'

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Dimanche 4 mai 2008
"BÊTISE HUMAINE : Pour établir une anthologie de la bêtise humaine, la journaliste américaine Wendy Northcutt a crée les « Darwin Awards », un prix qui récompense chaque année la personne qui s'est tuée de la manière la plus stupide (faisant ainsi honte à son espèce et contredisant la loi darwinienne de sélection des meilleurs). Pour que ce prix soit attribué, il faut que le candidat soit la cause de son propre décès, qu'il soit en pleine possession de ses facultés intellectuelles et que l'anecdote soit confirmée par plusieurs sources fiables. Exemples :
En 1994, un terroriste qui expédie un courrier piégé insuffisamment affranchi a remporté le Darwin Award lorsqu'il a ouvert sa propre lettre renvoyée par la poste.
Autre gagnant du Darwin Award : en 1996 un pêcheur ayant lancé un bâton de dynamite allumé sur un lac gelé a vu son chien de chasse aller chercher l'explosif et le lui rapporter.
En 1996, le prix a été attribué à un avocat de Toronto qui a voulu démontrer la solidité des vitres d'un gratte-ciel. Il a donc pris son élan et fracassé la vitre avant de faire une chute de vingt-quatre étages.
En 1998, le prix est allé à un homme de 29 ans qui s'est étouffé en avalant un ornement pailleté enlevé avec ses dents sur la peau d'une danseuse lors d'un spectacle de strip-tease.
En 1999, le Darwin est allé à trois terroristes palestiniens : ils avaient piégé deux voitures qui ont explosé simultanément alors qu'ils étaient encore à bord et avant qu'ils aient pu atteindre leur objectif. Ils avaient préparé les bombes sans tenir compte du changement d'heure d'été.
En 2000, le prix est allé à un habitant de Houston qui a voulu jouer à la roulette russe avec ses amis. Mais au lieu d'utiliser un révolver à barillet, il a pris ce qu'il avait sous la main : un pistolet automatique.
Il a perdu.
En 2001, au Canada, un homme de 25 ans proposa à ses amis de faire du toboggan dans le vide-ordures. Ce qu'il ignorait, c'est qu'une fois engouffré dans la colonne qui descendait les douze étages, il tomberait dans un compacteur automatique d'ordures.
Seule exception : Larry Walters. En 1982, ce retraité de Los Angeles veut réaliser un rêve fou, voler autrement qu'en avion. Il met donc au point son moyen de transport aérien : un fauteuil très confortable, auquel il a attaché 45 ballons de un mètre de diamètre qu'il a gonflés à l'hélium. Après quoi il s'est attaché à son fauteuil et s'est muni de sandwiches, de cannettes de bières et d'un pistolet à plombs. Au signal, ses amis ont détaché la corde qui reliait le fauteuil volant au sol. Mais au lieu de se stabiliser à 30 mètres comme il l'espérait, Larry Walter a été propulsé d'un coup à 5000 mètres d'altitude.
Là, complètement gelé, il n'a plus osé tirer sur les ballons pour redescendre. Il a donc erré longtemps dans les nuages, poussé par les vents, avant d'être repéré par les radars de l'aéroport de Los Angeles. Trouvant ainsi le courage de tirer sur quelques ballons, il a finalement pu redescendre, mais les fils de ballons crevés se sont pris dans un câble haute tension provoquant une coupure d'électricité dans tout le quartier de Long Beach.
Lorsqu'il a aterri les policiers l'ont arrêté et lui ont demandé pourquoi il avait fait ça. Il a répondu : « On ne peut pas rester assis à ne rien faire tout le temps. »
Il est le seul survivant à avoir reçu le Darwin."

~ Edmond Wells, Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu (par Bernard Werber) ~

µrochąiŋ ąrrêT: enfants rescapés des camps de concentration

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Par jérémiah - Publié dans : histoire - Communauté : Chroniques du temps présent
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Samedi 3 mai 2008
« La justice par le dialogue.
Chez les Navajos, on préfère éviter la justice officielle et résoudre les conflits en s'adressant aux médiateurs de la tribu. C'est plus rapide et plus efficace.

« Je me souviens très bien de la première fois où j'ai vu le processus navajo de résolution des conflits en action. J'avais entre 16 et 18 ans lorsqu'une querelle survint au cours d'une danse de squaw. Un médiateur était là. Il a pris les protagonistes à part et a résolu la dispute rapidement et facilement. Cela m'avait beaucoup impressionné. » Samuel Yazzie, qui vit à Wheatfield dans l'Arizona, a suivi il y a dix ans l'enseignement de son oncle, Philip Sandoval, et opère depuis lors comme médiateur, aussi bien à l'intérieur qu'en dehors du système judiciaire. Samuel Yazzie a remarqué que les gens préfèrent résoudre les problèmes au niveau local, en dehors du cadre judiciaire. Les gens parlent, résolvent la question et finissent par se donner l'accolade ou se serrer la main. Rien n'est couché par écrit. Et surtout, souligne Yazzie, « personne n'est perdant ».
L'un des facteurs clé de la réussite d'un médiateur réside dans le respect que lui portent les deux parties adverses plutôt que dans le recours à des mesures coercitives. Les gens impliqués dans une querelle se rencontrent sur un pied d'égalité pour résoudre le problème. Ils se rassemblent volontairement, et non parce qu'ils y sont forcés.
Le processus traditionnel de résolution des conflits se déroule en la seule présence du médiateur et des deux parties adverses. Yazzie pense que c'est une bonne méthode car elle permet de gagner du temps. Il n'admet que quatre personnes au maximum à ses séances de médiation afin que les participants restent concentrés. Il a observé que les choses échappent à tout contrôle quand trop de gens y participent. Yazzie reconnaît par ailleurs que le processus se heurte à deux problèmes : le cas des personnes de plus de 80 ans et celui des personnes qui refusent de parler. Lorsque des personnes refusent d'évoquer leurs problèmes, Yazzie les confie aux services sociaux ; mais, dans ces cas-là, il s'agit en général d'un problème plus profond qu'une simple querelle. Quant aux personnes âgées, Yazzie a pu constater que, dans bien des cas, il était impossible de résoudre leurs problèmes de manière satisfaisante. Mais il estime qu'il s'agit plutôt d'une caractéristique de la nature humaine, et non d'une faiblesse du processus.
Samuel Yazzie souligne que le processus a pour objectif d'enseigner, et non d'humilier, mais qu'éprouver la honte peut éventuellement en faire partie. Lorsqu'une personne comprend qu'elle a manqué de respect dans son comportement, elle éprouvera sans doute de la honte et, généralement, présentera des excuses. Les sentiments d'embarras sont considérés comme positifs dans la mesure où ils contribuent à susciter un comportement correct.[...] ».


par Kathleen Manolescu, pour le Navajo Times, hebdomadaire à Window Rock en Arizona, article repris et traduit par Courrier International, hors-série de juin-juillet-août 2007, p.78.

Par jérémiah - Publié dans : justice - Communauté : Les minorités philosophiques
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