Samedi 17 mai 2008
« Peut-on
encore sauver les Nukaks ?Colombie. Les Nukaks, l'un des derniers peuples nomades du bassin amazonien, ne sont connus que depuis 1988. Aujourd'hui chassés de leur territoire ancestral, ils succombent rapidement aux maladies.
Une pluie drue arrose le petit port sur la rivière Guaviare. Nous
sommes venus de loin pour rencontrer les Nukaks. C'est la dernière tribu nomade
colombienne, découverte en 1988 et aujourd'hui sur le point de disparaître. Un
recensement réalisé en 1992 par le ministère de l'Intérieur indiquait que l'ethnie comptait 1663
membres. Onze ans plus tard, le ministère de la Santé affirmait qu'ils étaient moins de
500. La grippe et d'autres maladies transmises par les Blancs sont tout simplement en train de les
exterminer.
En raison de la guerre que se livrent guérilleros, milices paramilitaires et forces gouvernementales; 46 Nukaks ont été déplacés de force à Barrancón Bajo, à quarante-cinq minutes en canot à moteur à l'est de San José del Guaviare. C'est là que nous voulons aller. Manuel Garcĭa, un jeune Nukak, plutôt petit, en blue-jean er tee-shirt, va nous servir de guide et de traducteur. Avant d'arriver au campement, situé à 1 kilomètre de la rivière, nous sommes arrêtés par un groupe de soldats. Ils nous demandent où nous allons et enregistrent notre identité.
Dans l'eau jusqu'aux genoux, une Indienne déjà âgée, membre de l'ethnie Desana, lave des vêtements. Elle nous confirme dans un espagnol mal assuré que les Nukaks sont installés un peu plus loin. Elle est très fière de les avoir comme hôtes. Les Desanas, qui disposent d'une réserve de 20 hectares à Barrancón Bajo, leur ont prêté un terrain pour y établir un campement. L'Indienne ajoute que, si nous décidons de rester cette nuit, elle nous offre sa maison, située tout près de la rivière. Mais elle nous prévient aussi que les paramilitaires [d'extrême-droite] font des rondes à partir de 6 heures de l'après-midi. « Eux, ils voient tout, dit-elle. D'ailleurs, peut-être qu'ils nous observent en ce moment. »
Après avoir parcouru environ 1 kilomètre dans une prairie où paissent des zébus, nous apercevons une sorte de baraquement sous des grands arbres. On dirait un bidonville en pleine forêt. La maloca, le campement des Indiens, est là, derrière des fils de fer barbelés sur lesquels des vêtements ont été mis à sécher. Les Nukaks aussi sont là. Alignés derrière la clôture, en jeans et tee-shirts, pour la plupart pieds nus, certains avec des bottes en caoutchouc, intrigués par ces Blancs qui s'approchent.
En raison de la guerre que se livrent guérilleros, milices paramilitaires et forces gouvernementales; 46 Nukaks ont été déplacés de force à Barrancón Bajo, à quarante-cinq minutes en canot à moteur à l'est de San José del Guaviare. C'est là que nous voulons aller. Manuel Garcĭa, un jeune Nukak, plutôt petit, en blue-jean er tee-shirt, va nous servir de guide et de traducteur. Avant d'arriver au campement, situé à 1 kilomètre de la rivière, nous sommes arrêtés par un groupe de soldats. Ils nous demandent où nous allons et enregistrent notre identité.
Dans l'eau jusqu'aux genoux, une Indienne déjà âgée, membre de l'ethnie Desana, lave des vêtements. Elle nous confirme dans un espagnol mal assuré que les Nukaks sont installés un peu plus loin. Elle est très fière de les avoir comme hôtes. Les Desanas, qui disposent d'une réserve de 20 hectares à Barrancón Bajo, leur ont prêté un terrain pour y établir un campement. L'Indienne ajoute que, si nous décidons de rester cette nuit, elle nous offre sa maison, située tout près de la rivière. Mais elle nous prévient aussi que les paramilitaires [d'extrême-droite] font des rondes à partir de 6 heures de l'après-midi. « Eux, ils voient tout, dit-elle. D'ailleurs, peut-être qu'ils nous observent en ce moment. »
Après avoir parcouru environ 1 kilomètre dans une prairie où paissent des zébus, nous apercevons une sorte de baraquement sous des grands arbres. On dirait un bidonville en pleine forêt. La maloca, le campement des Indiens, est là, derrière des fils de fer barbelés sur lesquels des vêtements ont été mis à sécher. Les Nukaks aussi sont là. Alignés derrière la clôture, en jeans et tee-shirts, pour la plupart pieds nus, certains avec des bottes en caoutchouc, intrigués par ces Blancs qui s'approchent.
Par Oscar Bustos B., pour le trimestriel colombien Número, article repris ensuite par Courrier International, dans le numéro hors-série de
juin-juillet-aout 2007, p.55.
Par jérémiah
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Publié dans : identités et cultures en péril
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Communauté : Les minorités philosophiques
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"La
science, déguisée en bienfait de l'humanité, est une force dangereuse qui modifie souvent les processus naturels sans en voir les conséquences. Dans un tel scénario, la destruction de masse est
inévitable."
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